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 I still wonder how we conquered hell | Thalya * Hunter

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avatarHunter Cudahy
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Message(#)Sujet: I still wonder how we conquered hell | Thalya * Hunter   Lun 27 Fév - 21:59
Y'a un gros lézard qui déboule, bordel, bouge ! C'est bien ducon, cours maintenant, il est derrière toi. Oh, t'as vu les murs ? Ils sont noirs, mais transparents, on pourrait presque regarder les couples niquer si on s'arrêtait un peu. Mais t'arrête pas merde, l'autre est toujours derrière ! Comment ça, je divague ? C'est pas ma faute si t'es un abruti aussi lent. Fais gaffe, fais gaffe ! C'est quoi ce truc qui nous fonce dessus ?

J'ouvre les yeux en sursautant, avec cette sensation de vertige qui me prend aux tripes. Une fois le souffle récupéré, stabilisé, les muscles se détendent, mes poils retrouvent leur place sur mes bras. Encore un putain de cauchemar. De rage, je lève mon cul vers le frigo, un peu trop vite parce que je suis obligé de me tenir la tête un moment. Ces saloperies de doux songes me mettent la tête au carré, et contrairement à plein de gens, la fume ne les empêche pas de me tourmenter. C'était mon dernier joint, maintenant il va falloir que je trouve une alternative un moment. Je jure en découvrant qu'en plus d'être en dèche de weed, mon pack de bière éventré me fait de gros doigts. Je claque la porte du frigo, merde, merde. Je retourne vers le guéridon de grand mère, récemment récupéré sur le trottoir, à côté de mon siège et où trône fièrement mon paquet de clopes à moitié entamé. Je sais pas quelle heure il est, mais dormir sur mon fauteuil en milieu d'après midi me réussis pas. J'ai les nerfs en boule, l'impression d'être passé dans une bétonnière, le palais fait de cendres et un mal de crâne sauvage. Et puis surtout, je suis pas plus avancé qu'hier à la même heure.

Steven est toujours aux abonnés absents, et moi j'suis toujours en train de tenter de savoir ou il est. J'étais sûrement un peu plus virulent au début, et j'ai perdu le compte des jours aussi. J'ai jamais été quelqu'un de très cohérent.

Va falloir que j'aille refaire un plein, refaire une patrouille. Je fais les cent pas en finissant ma clope, les yeux un peu partout mais jamais vraiment nulle part. Ça fait longtemps que j'ai pas croisé le vieux Stan. Je pense que j'irais le voir un de ces quatre. Pas ce soir, parce qu'il me faut un peu d'herbe, et une bonne bière. Je plonge mes mains dans le bordel de mes poches de jean, y trouve quelque pièces. De quoi me mettre une pinte sous le nez dans un rade réconfortant comme un bon souvenir.

Alors j'enfile mes boots, mon bombers, et je claque la porte derrière moi.
L'air froid, en bas de l'immeuble, m'accueille comme un prince déchu. La bruine perle sur mes cils et ma barbe et je fais mon mauvais garçon qui s'en branle, et marche la tête haute histoire d'en avoir partout. J'essaie d'imaginer ma tronche toute dégoulinante quand j'arriverais dans le pub et ça me fait sourire en coin. Fut un temps ou j'avais une gueule d'ange, mais maintenant que la barbe me mange une moitié du visage, et les cernes la deuxième, j'me fais moins d'illusions. Entres deux âges, mais ça, ça me fait chier d'y penser. J'préfère jouer les jeunes loups futés, ça me réconforte. Alors je trace nonchalamment sous les gouttes de pluie et chantonne même quelques airs débiles entendus ça et là. J'allume une autre tige, et fonce vers nulle part et partout. Je me laisse porter.

Il n'y a pas grand monde de sortie, mais arrivé vers l'aquarium, je repère un type à qui j'ai fait un faux plan, y'a quelques mois. Grosso modo, je lui dois de la thune. Et malgré mes muscles encore à peu près entretenu, c'est pas le soir pour me prendre une mandale, surtout qu'il est avec sa cour de ratés à la gueule de bouledogues. Du coup, je fais marche arrière, avise une rue plus petite et m'y enfonce en baissant la tête. Si j'avais été bourré, j'aurais peut être tenté le diable. Mais ce soir, non, vraiment, j'ai envie de garder mes dents.
Je cherche pas trop à savoir si ils viennent de ce côté, mais je jette des regards derrière à intervalles réguliers. Putain de dope, ça vous crée des contacts vraiment plaisants, j'vous jure. Avec ça, vous vivez dans le monde de l'amour et de la paix. Quel que soit le côté où vous êtes. Et pour avoir expérimenté tous les côtés, je peux en parler, clairement.

Alors que je traîne un peu la tête en arrière, sans trop faire gaffe à ou j'vais, parce qu'il m'avait semblé que la ruelle était vide, et je me cogne contre quelque chose. Quelqu'un en fait. Que j'identifie après avoir sursauté, lâché un « fokk » pour moi même, et levé la tête vers la cause de mon déséquilibre. Enfin, le physique, de déséquilibre. Le mental, ça fait longtemps qu'on se regarde en chiens de faïence. Une nana, donc. Pas vraiment sapée pour la pluie, belle gueule, mais un truc étrange dans les yeux. J'sais pas trop.

« Désolé mam', j't'ai pas fais mal ? »

J'avoue, je la reluque un peu. Et puis, quand je finis par m'en rendre compte, je lève les yeux vers le mur d'en face, un peu plus haut. J'aime pas avoir l'air d'être un connard sans éducation, même si c'est ce que je suis la plupart du temps. Du coup, j'sais pas pourquoi, mais j'enchaîne.

« Sale temps pour traîner dehors, neûn ?  T'as pas froid, comme ça ? »

Comme un con. En m'entendant parler, avec ma voix râpeuse de mec qu'a soif, je grince un peu des dents. Je tente de sourire en même temps, et je dois avoir une sacrée sale tronche, pour sûr. C'est l'intention qui compte, nupe ?
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avatarThalya L. Monrose
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Message(#)Sujet: Re: I still wonder how we conquered hell | Thalya * Hunter   Jeu 2 Mar - 21:26
Le temps me semble long, infini, s’étirant comme un élastique ne possédant pas la moindre limite. Pourtant écartée de la mort, j’ai l’impression que, devant moi, se profile une véritable éternité. L’élastique claquera jamais.
All my life they let me know how far I would not go but inside the beast still grows, waiting chewing through the ropes.
Je suis vivante mais en enfer. Je suis vivante, mais à quel prix ? Je suis en vie et pourtant condamnée. Condamnée à errer. Solitaire et esseulée. Je regarde la vie se dérouler, l’oeil et le visage morne. Je suis plantée là à observer un monde qui respire. Le jour il bouge, court dans tous les sens. Puis la nuit tombée, tout semble s’apaiser l’espace d’un instant. Avant que les gens de la nuit ne débarquent et commencent à peupler les rues et autres lieux publics. La population est différente. Fatalement différente. Mais elle est vivante. Tout sens la vie. Tout. Tout sauf moi. Je réalise encore plus chaque jour à quel point tout vit sans moi. A quel point je suis paumée. A quel point j’ai rien à foutre au milieu de tout ça. L’envie de prendre part à tout ça n’est même plus là. Tout ce que ce peuple m’inspire, c’est la faim. Une faim qui me creuse l’estomac sans cesse. Une faim qui me tenaille et me torture. Et qui reste perpétuelle. Peu importe les chiens, les rats, les chats, toutes les bestioles que je peux chopper pour me nourrir, j’ai l’impression que je ne serai jamais pleinement satisfaite. Que je ne pourrai jamais me sentir repu tant que je n’aurais pas consommé de chaire humaine. Et évidemment, même là, ça reste compliqué. Je ne peux me résoudre à tuer quelqu’un. J’suis peut-être pas quelqu’un de bien à la base, mais j’suis pas une meurtrière. Je veux pas en devenir une. Et croquer dans quelqu’un sans l’achever, ça serait condamner ce quelqu’un à devenir comme moi. A devoir subir une vie qui n’en est pas une. Et je ne peux pas faire ça non plus. Je ne sais que trop bien comme c’est le pire des cauchemars. Comme c’est l’enfer.

Pour éviter le craquage, je me retire dans un coin plus éloigné. Une petite rue où je n’étais pas à l’abris de la pluie, mais où je l’étais de mes pulsions. Et une fois que je suis éloignée de cette source de bouts de viande ambulants, je réalise à quel point le froid pique mes bras nus jusqu’aux os. Malheureusement, ma condition ne m’épargne pas le froid et la douleur. Et ouais, même les zombies peuvent se peler les miches. Mais par contre, j’ai l’impression que les maladies ne m’atteignent plus. N’importe qui se trimballant constamment dans cette tenue par ce temps se chopperait à coup sûr tout le mal du monde… Mais ce n’est pas le cas. Je suis pâle de nature. Je me sens pourrie de l’intérieur, mais je n’ai pas le moindre rhume. Pas de fièvre, pas de toux. Presque de quoi se sentir invincible, t’as vu ?
Mon cul, ouais.

J’ai pas fait gaffe à c’qui se passait autour de moi et j’me suis pris un truc en pleine face. Truc qui s’est révélé être un mec. Ou une sorte de yéti des pays tempérés. Quand on voit tout ses cheveux et cette barbe qui bouffe son visage, il est légitime de se poser la question. P’t’être qu’il a oublié l’existence du rasoir et des ciseaux.
Fort à parier que j’aurais la même allure que lui si j’étais un gars.
Et malgré sa tronche d’ours des cavernes, il a tout de même la politesse de s’inquiéter de mon état. C’est cool. C’est probablement la moindre des choses après qu’on se soit bousculés. Mais moi j’l’aurais pas fait, t’sais. Moi j’suis pas polie ni gentille. Moi j’ai plus de raison de m’inquiéter et j’m’en tape si mon indélicatesse déplaît.

“ Ca va. ”

Que veux-tu que j’dise, hein ? J’suis entière, il m’a pas assommée ni blessée. Tout va bien, ouais. J’fixe le mec qui s’permet de faire exactement la même chose. Peut-être même en pire. J’me sens détaillée comme quand ces mecs s’arrêtent en bagnole à côté de moi en pendant que si j’squatte le trottoir, c’est parce que j’ai quelque chose en vendre. Putain. Est-ce que j’ai une face à faire la pute ?
J’arque un sourcil quand j’entends l’autre qui rouvre la bouche. Son accent est grillé. Il vient pas d’ici. Peut-être bien ailleurs au Royaume Uni, mais pas Bristol en tout cas. Peu importe. C’pas si important que ça.

“ Tu crois ? ”

J’ai le ton un peu sec. Genre “merci captain obvious”. Bien sûr que je me gêle. Ma robe a pas de manche, j’ai pas de veste et j’suis trempée. Qu’est-ce que tu veux ? Puis le gars il sourit. Moi je souris pas.

“ J’fais avec. ”

C’pas comme si j’avais spécialement le choix de toute façon. Et comme il m’a gentiment fait remarquer que je devais avoir froid, j’ai croisé mes bras, les frottant légèrement avec mes mains. Puis j’ai grimacé. Putain d’humidité. J’aime pas ça. C’est vraiment désagréable. Peut-être bien que j’devrais me foutre à l’abris.

“ Bien. Si t’as fini de mater, je vais me retirer. ”
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avatarHunter Cudahy
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Message(#)Sujet: Re: I still wonder how we conquered hell | Thalya * Hunter   Jeu 2 Mar - 23:44
Son ton me fait presque marrer. J'suis tombé sur une bonbonne d'azote liquide, prête à se déverser sur mes boots et me brûler la peau. J'me sors une tige parce que parler m'a toujours donné envie de cramer du tabac entre mes lèvre, et puis j'l'observe. Le coup de lui demander si elle a froid, c'était rhétorique. Tout le temps, que ça m'arrive, de poser des questions stupides. C'est qu'avant, c'était mon job de faire ça. Je passais mes journées à poser aux gens des questions complètement connes. « Tu faisais quoi hier à 4h34 ? » ou bien « T'as croisé ton gus avant de partir tapiner ? » ou encore « Et ton sandwiche à la fraise, tu l'as gagné comment ? ».
Parfois, c'était comique de voir l'exaspération vissée dans les orbites des gens. D'autres fois, c'était juste lassant, de poser toujours ces mêmes putains de questions de merde.

Un autre truc que j'ai pas perdu, c'est un sens de la déduction pas trop mauvais. La nana en face de moi traîne depuis un moment à la rue, et j'ai du mal à saisir pourquoi elle a rien d'autre à se foutre sur le cul que ces fringues légères. Elle se pèle les miches, ça me fait presque mal au cœur. Du coup, j'lui tend une clope. C'est pas par pitié, ni rien, c'est pas mon genre. Je laisse la pitié au bourges. C'est juste que crécher à la rue, c'est déjà pas la grosse poilade quand on a ce qu'il faut entre les pattes, mais quand on est sur l'autre berge, c'est un enfer.

« J'allais me réfugier dans un pub, histoire de vider deux trois mousses. »

J'regarde ses yeux, parce que c'est plus respectueux, il paraît. Et puis ses yeux sont jolis. J'ai pas envie de passer pour un mec trop weirdo alors je souffle ma fumée, puis secoue un peu la tête. Mes cheveux et ma barbe sont plein de flotte, j'dois sentir le chien mouillé. J'me sens un peu con.

« Enfin, j'veux dire, si t'as rien de mieux à faire quoi. J'force à rien. »

J'me sens encore plus con maintenant, alors j'baisse les yeux. Le cerveau, parfois, c'est vraiment un truc à la mords moi le nœud, j'te jure. Y'a plein de trucs qui me passe par la tête et qui sont hors sujet, et même si ça dure pas vraiment longtemps, j'ai l'impression de m'embourber. J'pense à la weed qu'il faut que je trouve, j'pense à Bobby qui traîne j'sais pas ou et que j'suis infoutu de trouver, j'pense à ma bécane qui faut que je fasse réviser, j'pense a la nana qu'est là et qui doit me prendre pour un psycho, j'pense à avant, mais j'arrête d'y penser parce que sinon je vais devenir violent, j'pense aux bières, j'pense aux bières, j'pense aux bières.

« Laisse tomber, j'suis con. Désolé de t'avoir dérangé, fais gaffe à toi. »

J'commence à tourner les talons, puis j'lui lance un dernier sourire. Faut que je pense aux bières, au chaud, au pub. C'est déjà un objectif conséquent.

NIH:
 
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avatarThalya L. Monrose
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Message(#)Sujet: Re: I still wonder how we conquered hell | Thalya * Hunter   Dim 5 Mar - 19:37
J’hésite pas, j’prends la clope. Au fond, j’suis pas convaincue que ça m’fasse grand chose. J’suis pas sûre de pouvoir encore ressentir les effets subtils mais néanmoins sympathiques de la nicotine. J’ose espérer. Un peu.
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J’me dis qu’au pire, si ça m’fait pas effet, ça me permettra de retrouver un geste qu’était autrefois totalement naturel pour moi. Le fait d’amener une cigarette à mes lèvres et d’inspirer la fumée. Le geste. C’est déjà bien, pas vrai ? Il paraît que c’est un truc qui manque particulièrement pendant le sevrage. Encore plus que le vieux goût de la clope. J’me dis que si ça m’fait pas grand effet, ça me fera pas grand mal. A part peut-être de me faire pourrir de l’intérieur. Mais c’est un peu comme tout l’monde non ? Et un peu comme tout l’monde : je sais parfaitement que c’est mauvais, mais j’réclame quand même du feu pour allumer cette clope. J’vais la fumer. Rien à foutre.

“ Merci. ”

Un peu d’politesse ? Faut croire que j’en suis un peu capable. Faut juste pas penser pouvoir s’y habituer. J’le serai pas à chaque fois. Mes parents étaient clairement pas de ceux qui offrent une bonne éducation à leur gamine. L’une était trop occupée à se défoncer. L’autre préférait me tripoter. Puis la vie m’a pas aidée à être plus aimable. J’suis aimable quand j’estime que j’ai une raison de l’être. Faut pas chercher plus loin. La logique est simple. Implacable. Et ce gars, cet inconnu, évidemment, il n’y échappe pas. C’est pas parce qu’il a une allure de véritable viking qu’il m’fait flipper ou quoi. Moi j’suis une tarée, une malade. J’ai peur de personne. C’est dur de craindre le malheur quand on a absolument rien à perdre.

J’écoute le gars. Je continue de le fixer sans gêne. J’mate sa tronche, j’tire sur cette clope. Ses yeux sont d’un de ces bleus qui doivent en dérouter plus d’un. Deux orbes d’une clarté et d’une pureté incroyable. Plantées sur une face brute entourée de broussaille blonde et sauvage. Sa voix me semble brute aussi. P’t’être bien qu’il aurait fait sensation dans un groupe de métal. Le look collerait aussi, faut dire. Et l’fait qu’il se foute à parler de bière entretient un drôle de cliché que j’ai moi-même créé autour de sa personne. J’le connais pas. Ca s’trouve il écoute du classique et la plupart du temps, il sirote sagement du thé avec des petits gâteaux, de la crème et des mamies. Va savoir. Mes pensées partent en vrille. C’est bien probablement l’seul truc qu’à pas trop changé. Quoi que j’me sens encore plus paumée dans ma propre tête. La loose.
J’comprends quand même que c’qu’il raconte, c’est une invitation. A moins qu’il aime juste raconter sa vie à n’importe qui. Mais j’doute. Sa dernière phrase m’indique que ma première pensée est la bonne. Il était en train de m’proposer de venir avec lui. Mais face à mon manque de réaction et d’expression, peut-être, il a dû se sentir trop blaireau. Alors il s’est ravisé.

Et il m’a dit : “ fais gaffe à toi ”.
Ca s’voit bien qu’il m’connait pas, le mec.
Quiconque me connaît ne serait-ce qu’un peu saura que c’est pile le truc que j’sais pas faire. Peu importe.

Je soupire. Le gars il m’a foutu dans un dilemme de la mort.
J’ai beau être réduite à l’état de zombie, j’arrive tout de même encore à ressentir des émotions. Je reste une créature avec quelques sentiments. Et la solitude reste pesante. Et l’ennui m’prend la tête. J’ai envie d’lui emboîter dans le pas. Moi aussi j’ai envie d’aller dans un pub et d’arrêter de me les geler. J’ai envie de me sentir au sec. L’idée de rester toute seule dans cette atmosphère humide et froide me paraît soudainement encore plus emmerdante qu’à la base. J’me sens frustrée. Parce qu’il m’a proposé un truc que j’m’interdis formellement et que ça m’fait salement envie. J’’ai envie d’y aller. J’ai envie d’y aller.
J’ai envie d’y aller.

J’me rends à peine compte que j’me suis foutue à le suivre. Que mes guiboles se sont presque actionnées d’elle-même. Et qu’elles ont même accéléré le mouvement pour que j’puisse rattraper le mec. J’me suis faire avoir, putain. Mais juste une fois. Juste une. Et puis j’ferais gaffe. Si j’sens que ça comment à partir en vrille dans ma sale caboche j’me casse. Pas possible d’envisager un bain d’sang. Pas moyen d’finir dans un asile de tarés. Ou en taule. Ou dans un foutu laboratoire avec une bande de neuneus avec le kit complet “blouse blanche - binocles - carnet de notes”. Ca m’plairait encore moins qu’la rue. Ma vie c’est d’la merde, c’est clair. Mais j’ai au moins encore presque toute ma liberté. Et j’y tiens.

Par contre : “ J’ai pas d’thunes. ”

Pas besoin d’bouffer c’qu’on trouve dans les supermarchés pour vivre, pas besoin de pognon, donc pas besoin de mendier.

Et puis : “ C’quoi ton nom déjà ? ”
Et puis : “ J’espère que t’es pas une sorte de pervers chelou. ”

Il en a pas l’air plus que ça.
Mais est-ce que les pervers chelous ont des têtes spéciales ? Pas convaincue. Puis ça serait surprenant qu’il avoue direct s’il en était un. T’imagines le truc. “Ah, merde, c’est exactement c’que j’suis. Bon bah… Bye. ”. Le délire à la con.

“ Moi c’est Thalya. ”

Comme ça c’est fait. Puis ça mange pas d’pain de lui dire comment j’m’appelle. Ca s’trouve il s’en fout un peu, d’ailleurs. Trop tard. J’continue de marcher à côté d’lui. J’regarde autour de nous tandis qu’on loge cette petite ruelle discrète. Un bourge aurait appelé ça un coupe-gorge. Moi j’appelle ça un refuge. Chacun son truc.

J’demande : “ T’invites souvent les nanas que tu bouscules dans la rue à t’suivre ? ”
J’ajoute : “ Ou même pas qu’les nanas d’ailleurs. ”

Après tout. Faut bien être ouvert dans la vie.
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avatarHunter Cudahy
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Message(#)Sujet: Re: I still wonder how we conquered hell | Thalya * Hunter   Dim 5 Mar - 23:19
Je trace, comme ça, droit dans mes bottes mais un drôle de goût dans la bouche. C'est pas que j'ai oublié la donzelle derrière moi, non, queud. C'est juste qu'elle fait partie du magma de pensées qui se sont mises à tourner dans ma foutue tête, ou bien qui ne s'arrêtent jamais de tourner, j'en sais rien. Mais elle m'a aussi ramené des vieux souvenirs à qui je ferme gentiment la porte au nez, parce que c'est toujours pas le moment.

J'crois que je devrais essayer de trouver un job comme coach pour stopper les pensées négatives et les enterrer assez profond pour qu'elles vous foutent la paix pendant un bon mois. J'suis devenu pro la dedans. Malgré tout, y'a quand même un visage qui se grave sur mes rétines, et que j'arrive pas à virer de là, mais juste au moment ou je ferme les yeux assez fort pour me faire mal au crâne, j’entends des pas sur le bitume mouillé, et je rouvre les paupières, pour apercevoir la brune qui rapplique et commence à marcher à côté de moi. J'souris, j'dis rien. En vrai, ça m'chauffe un peu le cœur.

Quand elle me signale qu'elle a pas un rond, j'me marre pour de vrai. Mais c'est pas méchant, ni rien, et du coup j'arrête de rigoler comme un con assez vite, je lui souris, et puis je finis par sortir le seul truc qui me semble sensé sur le coup.

« T'en fais pas, j'avais prévu de t'inviter. »

J'regarde mes pompes qui avancent automatiquement pour nous mener hors de cette ruelle exiguë. Je frissonne un peu parce qu'une goutte vient de s'éclater dans ma nuque, j'secoue la tête dans un réflexe et je m'ébroue comme un clebs. La question de mon identité venant de la brune à côté de moi passe la barrière des tympans, et je grimace un peu. Pas que j'aime pas mon prénom, mais dans certaines situation on pourrait croire à une sorte de grosse blague. Je murmure presque quand je le dis.

« Hunter. »

Hunter, chasseur de fantôme, chien furieux caché dans les bosquets, proie de ses propres peurs. J'ai presque envie d'en rire.

Lorsqu'elle évoque la possibilité d'être tombé sur un pervers chelou, je fais un sourire en coin, puis je secoue la tête de droite à gauche. Non, j'ai jamais été un pervers. J'avoue que le cul est un truc qui me botte bien, mais j'tente d'être respectueux. Enfin être un sale chacal en rut m'a toujours exaspéré, et je crois pas avoir déjà fait de trucs bizarres sans le consentement de mes partenaires. Bien sûr, quand j'étais encore un loustic plein de sang frais j'ai maté les meufs se désaper aux fenêtres des vestiaires, et j'ai eu ma dose de porno comme n'importe quel type normalement constitué. Enfin voilà, rien d'affolant quoi.

Et puis elle se présente, et je trouve que son prénom est joli. Ça lui va bien. Un joli prénom pour une belle gueule. J'la regarde un temps, et puis je jette un œil à la sortie de la ruelle, qu'on va bientôt quitter. J'sais à peu près ou on est, et ça me plaît parce que j'ai envie d'aller à un endroit précis, et cet endroit est pas bien loin de là ou on se trouve.
J'entends sa question un peu sarcastique, et je me marre. Un peu plus pour la phrase qui suit, j'avoue.

« En vrai, ça m'arrive pas souvent. Encore moins quand je ressemble à un clebs trempé. »

J'lui lance un regard, puis j'continue.

« Et en général quand je bouscule un gars, ça fini pas au pieu. »

On vient tout juste d'arriver sur une rue plus fréquentée, et j'indique le chemin d'un coup de menton. On en a pas pour très longtemps, à pieds, et on est déjà plein de flotte, mais l'idée qu'on se cale au sec me fait du bien. J'pense aux bières, encore une fois, et ma gorge me signale que malgré l'humidité environnante, je crève de soif.
J'presse un peu le pas, mais pas de trop. Je balance le mégot de ma tige dans le caniveau, et argue :

« Ça fait longtemps que t'étais planquée dans cette ruelle ? »


C'est un peu brutal, comme question, mais je crois que j'ai pas une princesse en sucre face à moi. Et puis j'aime pas spécialement tourner autour du pot, non plus.

« Tu connais, le Hatchet ? C'est à côté, et j'aime bien me caler la bas. J'espère qu'y a pas grand monde. »

Ouais, j'espère vraiment que le peuple a pas décidé de sortir en masse ce soir, parce que j'ai pas envie de me coltiner un pub bondé. J'demande silencieusement à la pluie de nous filer un coup de patte pour ça.
Steven m'avait dit que j'étais un chat de gouttière, mais il avait tort. Je serais plutôt un chien perdu, sans meute. Ni vraiment déserteur, ni vraiment banni. L'entre deux relou, ou personne ne sait vraiment comment agir. Y'a que déchiré que j'aime la foule.

Mais ce soir, j'suis pas dans la bonne humeur pour ça. J'vieillis.
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avatarThalya L. Monrose
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Message(#)Sujet: Re: I still wonder how we conquered hell | Thalya * Hunter   Mar 14 Mar - 20:42
S’il paye pour moi, ça m’convient carrément. J’le suis plutôt deux fois qu’une. J’vais pas cracher d’ssus. Et j’vais encore moins cracher sur le fait de me retrouver un peu au chaud et au sec pour une fois.
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J’ai l’impression que ça fait une éternité que j’suis revenue et que j’m’emmerde dehors avec la météo pourrave qui règne sur le Royaume-Uni. C’est au moins un truc qu’a pas changé. J’ai simplement hoché la tête en guise de réponse, comme si j’ressentais le besoin d’économiser ma salive. Genre, production limitée, pas de gaspillage, connerie dans l’genre. J’ai préféré aller au plus utile : style, le prénom du mec avec qui j’traîne. Et t’sais, j’ai eu l’impression qu’ça lui arrachait un peu la gueule de m’le dire.  Ca l’complexe de s’appeler Hunter ? J’vois pas l’mal. C’est un prénom. Le sien. Et jusqu’à preuve du contraire, il est pas censé l’avoir choisi lui-même. Encore une fois, j’ai hoché la tête, l’air de rien. J’vais tâcher de retenir comment il s’appelle. Pour aujourd’hui. Et p’t’être pour plus tard, si jamais j’le recroise. Si jamais j’ai une raison de le nommer. Va savoir. On sait jamais.
J’lui ai balancé que j'espérais qu’il était pas une sorte de pervers. Comme prévu : il a secoué la tête pour indiquer qu’il n’en était pas un. Comme pas prévu : il le prend pas mal. Tant mieux. Faut pouvoir supporter le fait que j’ai pas vraiment de filtre et que j’balance un peu c’qui m’passe par la tête en me tamponnant totalement que ça puisse déplaire ou blesser. Evidemment, face à une sorte de colosse comme lui, j’ferai pas long feu et ça pourrait donner quelque chose de relativement dramatique s’il se décidait à me fracasser le crâne à coups de poings - enfin… Ca reste encore à prouver - mais ça m’fait pas vraiment peur. Et ça a pas tellement l’air d’être son genre non plus. Malgré ses apparences de type bourru, il a pas l’air bien méchant. Ca s’trouve, tout est simplement une question de physique.

J’ai continué de blablater - quand je parlais d’économie de salive, c’était d’la merde en fait - j’lui ai demandé si ça lui prenait souvent d’inviter les gens qu’il bouscule. Sa réponse a au moins eu le mérite de me faire sourire. Il m’amusait bien le type. Si ça s’trouve, j’vais vraiment pas regretter de l’avoir suivi.

“ Ah ouais ? Parce que là t’as espoir que ça finisse dans un plumard, peut-être ? ”

Ca s’trouve, il y a même pas pensé. Genre, il a pas réfléchi entièrement à c’qu’il a dit. Mais j’ai la fâcheuse manie de reprendre c’qu’on me dit et de le retourner vers mon interlocuteur. Encore, là, rien de méchant. J’l’emmerde un peu, juste pour le plaisir de le taquiner. Parce que c’est un truc que j’aime bien faire au fond. C’est sympa d’avoir un peu de compagnie, et si on parle juste de la pluie et du soleil de façon ultra civilisée, on s’fait rapidement chier. Puis ça a pas l’air de le choquer. Ni de vraiment le faire chier non plus. A tous les coups, il traîne régulièrement avec des énergumènes dans mon genre.
A tous les coups, il est une énergumène dans mon genre.

En tout cas, il me rend bien mes conneries en me posant c’qui pourrait être “ la question qui fâche ”. Mais en vrai, même si le fait d’être dehors - et en vie - ça m’emmerde, le fait qu’il m’questionne me dérange pas vraiment. J’vais pas être encore plus une clocharde parce que j’ai répondu à sa question, t’sais.

J’ai répondu : “ Littéralement, non. ”
Puis : “ Par contre, si tu t’demandes depuis combien de temps je suis dans la rue tout court : trop longtemps. Depuis, genre… Fin Septembre. ”

Depuis que l’autre connard m’a sortie de force de ma dernière demeure et m’a ramenée à la vie pour je ne sais qu’elle raison. Genre, c’était trop demander que de me laisser reposer en paix, t’sais. Repos éternel, mon cul. Il mériterait que je lui pète les dents à coups de batte, l’autre enfoiré. On a pas idée de faire des choses pareilles.

On respire. On se laisse pas envahir par les pensées négatives.

J’me concentre sur c’que mon compagnon me dit.

“ Ouais, c’quand même relativement connu comme coin. Ca fait un bail que j’y ai pas mis les pieds, par contre. ”

La dernière fois qu’j’y suis allée, j’étais vivante pour de vrai. Et j’étais encore un minimum en possession de mes moyens. J’étais pas encore une sale loque aux veines pourries et à la cervelle explosée par la dope. Ouais. Autant dire que ça fait une véritable éternité.
J’ai terminé la clope qu’Hunter m’a filé y’a un petit moment déjà, le mégot que j’tiens entre les doigts est tout détrempé à cause de la pluie. J’capte et je le balance : droit dans le caniveau. Et quelques secondes après, la devanture du pub nous fait face. A travers l’une des vitres, je peux voir que l’endroit est pas bondé. Y’a pas trop d’monde et ça a quand même un côté rassurant pour moi. J’suis sensible à la vie qui anime les hommes. Aux battements de leur coeur qui me fait vibrer les tympans, à leur sang bien chaud que je m’imagine aisément circuler dans leurs veines.
Moins il y a de gens, moins j’ai de chances de péter les plombs.

Je jète un regard vers le blond à mes côtés et j’avance pour entrer dans le bâtiment. Et comme j’suis pas trop méchante, j’lui tiens la porte pour qu’il se la prenne pas dans la face et qu’il me suive. A l’intérieur, la décoration est simple et le mobilier en bois. Le lieu semble un peu figé dans le temps sans pour autant qu’on ait l’impression de venir d’entrer dans une sorte de vieille bâtisse pourrie et hantée.
Quelques personnes sont présentes : sur les tables à disposition et au niveau du comptoir. Je prends bien soin de ne pas faire trop attention à eux. Et ça demande un peu de concentration. J’décide de laisser mon camarade s’occuper de la commande et tout ça, j’vais m’asseoir sur une chaise après d’une table, dans un coin où on sera plutôt tranquilles. J’sais pas si le gars est du genre à rester mêlé à tout le monde en mode sociable - bien que ça m’étonnerait - mais j’lui laisse pas vraiment le choix.
En attendant qu’il se pointe, je glisse une main dans mes cheveux. J’essaye d’arranger un peu ma tignasse dégoulinantes. J’suis un zombie, mais j’reste quand même une meuf et j’aime bien être un minimum présentable.
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Message(#)Sujet: Re: I still wonder how we conquered hell | Thalya * Hunter   Mer 22 Mar - 22:29
J'me marre un peu. Quand elle parle de la mettre dans mon plumard. J'ai pas spécialement pensé à ça. Elle me fait juste penser à quelqu'un. Quelqu'un que je préfère sortir de ma tête pour l'instant. Par contre, j'ouvre un peu plus mes yeux quand elle me déclare comme ça qu'elle traîne dans la rue depuis septembre. J'aurais pensé que ça faisait moins de temps. J'ferme ma gueule parce que ça me regarde pas, si elle veux en causer, elle le fera.

C'est une fois devant le comptoir du pub que je comprend qu'elle est pire que moi niveau sociabilité. Elle a filé dans un endroit ou je vais jamais m'asseoir, mais ça me va, j'ai pas envie de zoner dans la lumière ce soir. Je serre la pogne du barman par dessus le comptoir en zinc, et je commande deux pintes. Je prend pas la bière la plus chère, parce que clairement je roule pas non plus sur l'oseille, mais je pense qu'elle me tapera pas scandale si on explose pas ma carte ce soir. Ça doit pas être le genre.

J'regarde un peu autour de moi, pendant que la pression fraye son chemin dans les verres. J'crois pas connaître qui que ce soit du peu de monde qu'il y a, ça m'arrange. Vaguement, je réclame un bol de cacahuètes et apporte le tout sur la petite table ou s'est assise Thalya. Ma main guide un des verres vers elle, avant que je retire mon bombers trempé pour le pendre sur le dossier de ma chaise. Il fait chaud, l'ambiance est plutôt calme, et ça fait réellement du bien de poser son cul au sec. Avisant que mon invitée – après tout, c'est le terme, c'est moi qui régale – était en train de remettre ses cheveux en ordre, je passe  une main sur mon crâne et dans ma barbe. Et essuie ma paume contre mon jean.

« Bordel, ça fait du bien. A la tienne ! »

J'lève mon verre, avant de prendre quelques lampées de ma pression. Puis je guette un peu le coin ou on est installés. Sous ma barbe, je souris.

« Bon alors, j'te préviens, je suis pas doué pour faire la conversation. J'imagine que c'est le moment on on parle un peu de nous, neûn ? »

J'reprend une gorgée de bière, la laisse doucement couler le long de mon œsophage, avant de claquer la langue contre mon palais, comme un trait de ponctuation. Quand j'étais môme, les vieux faisaient tout le temps ça. J'les regardais boire, boire, et boire, et claquer de la langue derrière la plupart des gorgées. C'était fascinant de regarder évoluer les vieux. Mon daron m'embarquait régulièrement au pub, alors qu'il allait s'en coller quelques uns derrière la cravate. Moi j'avais le droit à de la limonade, mais je m'emmerdais pas. C'était un vieux rade, tout le monde se connaissait. Alors certains types jouaient un peu avec moi, ou bien me racontaient des histoires de fous. J'adorais les écouter parler, c'était comme des légendes qu'ils se passaient entre eux. Vu que j'étais minot, j'me glissais plus facilement un peu partout, et parfois j'en savais plus sur les histoires et les ragots que mon vieux lui même. Ça le faisait bien marrer. Du coup, tout le monde m'appelait la fouine, d'une façon tendre quoi. Comme des vieux hommes qui surnomment un garçon, avec affection.

Je regarde la brune, j'sais pas trop comment elle me perçoit. Lui raconter mes vieilles histoires ce serait bizarre, parce que clairement tout le monde s'en fout, mais j'sais pas, j'ai pas l'impression qu'elle se foute de ma gueule.

Elle est jolie, c'est clair. Si j'étais d'humeur et dans les brumes de la tise, je pense que je me paierais le cran de la draguer. Mais la, je sais pas, j'ai pas spécialement l'impression qu'elle soit en demande d'un barbu relou qui lui fasse des avances. Mais j'aime bien son sens de la répartie, et le fait qu'elle se foute de froisser les gens. J'aimerais bien savoir pourquoi elle est à la rue. J'tente de contenir toutes mes questions, mais après un appel au niveau de l'estomac, y'en a une qui ressort. En vrai, je suis en train de défoncer les cacahuètes.

« T'as mangé ? S'tu veux on se partage une assiette, j'vais bientôt avoir la dalle. »

La bouffe, c'est un truc élémentaire, ça rallie tout le monde. En théorie. Enfin j'veux dire, tout le monde n'est pas fan du paté de tête mais sans aller aussi loin, quand tu proposes un burger aux gens, en général ça leur donne faim quoi. Même les vegan, ils bouffent des burgers. Que demande le peuple ?

« Faut manger, quand on picole. Sinon, ça rend teubé. »

J'sais pas trop pourquoi je dis ça. Le principe c'est surtout de pas finir malade et complètement torché trop vite quoi. Elle va me prendre pour un con, à sortir des évidences. Du coup je noie mes conneries en foutant le nez dans mon verre, et en torpillant un bon tiers de son contenu.

Voilà, je vais passer pour un gros con alcoolique, maintenant.
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I still wonder how we conquered hell | Thalya * Hunter

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